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lundi 30 novembre 2009

Deported Haitians return to Dominican city in less than 24 hours

SANTO DOMINGO - Most of the 80 undocumented Haitians repatriated on Friday 11/27, after being arrested in Santiago (north), returned to Dominican Republic, the Immigration authorities said. One of the Immigration inspectors who participated in the detentions said he felt “powerless” when he saw some of the same Haitians arrested the previous Thursday and then repatriated, walking Santiago’s streets as if nothing had occurred. "I can’t believe it, they have already returned to the country so fast, incredible, we’re working in vain."

The inspector said he was astonished to see that most of the repatriated immigrants are already begging and again spending the night in the streets of Santiago, the country’s second biggest city. Residents of the Ciruelitos district, where the authorities conducted most of the arrests, denounced that many Haitians returned to that place on the following day. They also revealed that some of the immigrants who’ve returned are threatening the Dominicans who helped the inspectors locate their hideouts.

"Haitian migrants a heavy load for Dominican Republic"
- General Jose Miguel Insulza, Secretary of the Organization of American State (OAS)

General Insulza acknowledged on 11/4/2009 that the problem of Haitian migrants is a heavy burden for Dominican Republic, and requires the international community’s support. Speaking at the 2nd Meeting of Security Ministers of the Americas, he also stated that : “Although Dominican Republic’s level of development is far beyond Haiti’s, it’s still a country of the developing world, with its needs and problems in education, health.

Interviewed by news source listin.com.do, the OAS official noted that for a developed country to receive that number (between 700,000 and one million) of immigrants is already a problem. “It’s a burden (for DR) that the international community somehow must help mitigate.
He said the aid has worked, but little, “so there must be more support since there’s the notion that some of the Haitian population’s problems or a part of them are solved in Dominican Republic.


Please note the 200+ HATEFUL COMMENTS on the 2 original articles posted on the dominicantoday homepage:
http://www.dominicantoday.com/dr/poverty/2009/11/30/34042/Deported-Haitians-return-to-Dominican-city-in-less-than-24-hours

http://www.dominicantoday.com/dr/poverty/2009/11/5/33773/Haitian-migrants-a-heavy-load-for-Dominican-Republic-OAS-chief-says

lundi 14 septembre 2009

Haïti/Migration: renforcement des barrières et de la traite

P-au-P, 14 sept. 09 [AlterPresse] --- Le Groupe haïtien d’appui aux rapatriés et aux réfugiés (Garr) décrit un contexte national et international qui interagit avec la multiplication des voyages clandestins, dans son rapport sur la situation des migrants haïtiens en 2008, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Tour à tour, l’Union européenne, les États-Unis d’Amérique ou le Canada, pour ne citer que ces pays, ont pris une série de mesures qu’ils affichent comme nécessaire à leur sécurité nationale pour restreindre la migration sur leur territoire.

Ce qui tend à faire avancer surement, et pas si lentement que cela, vers une criminalisation de la migration dans les pays d’accueil.

La France a établi un accord de réadmission qui vise le renvoi des sans papiers haïtiens vers leur pays d’origine.

Appelé « Pacte de gestion concertée des flux migratoires et co-développement », cet accord de réadmission a déjà soulevé l’hostilité des organisations de défense des droits humains en Haïti comme en France.

Pour celles-ci, il s’agit ni plus ni moins d’une atteinte aux droits civils de ces migrants et à la souveraineté nationale du pays. La signature de cet accord est prévue pour le courant de cette année. En attendant, des chiffres sont là pour indiquer la tendance : 67% de ressortissants haïtiens ont été reconduits de la Guyane en 2007.

Aux États-Unis d’Amérique et au Canada, on assiste au renforcement des contrôles frontaliers et au durcissement des plans de reconduction. Les patrouilles maritimes se renforcent également dans les Antilles britanniques, selon le rapport du Garr.

Aux îles Turks et Caïcos et en République Dominicaine, les contrôles d’identité sont fréquents et conduisent souvent à des déportations.

Ce durcissement des politiques de ces pays à l’égard des migrants n’est pas sans conséquence sur leur situation.

Le haut commissariat des Nations Unies sur les réfugiés (HCR) parlait en 2008 « d’impact négatif sur la situation de 31 millions de migrants et de demandeurs d’’asile dans le monde, presqu’au même titre que l’explosion des conflits internes armés ».

De plus en plus massifs, les rapatriements touchent 452 haïtiens et haïtiennes des îles caribéennes pour le seul mois d’août 2009, selon un bulletin de l’Office national de la migration (Onm).

En territoire dominicain, ce nombre s’est élevé à 15 343 en 2008 avec en moyenne 42 personnes par jour, indique le Réseau frontalier Jeannot Succes (Rfjs).

Renforcement de la traite et du trafic d’êtres humains

Deux phénomènes plus souterrains tendent, au milieu de cet univers de non-droit, à prendre de l’ampleur : la traite des êtres humains et le trafic des migrants.

On estime qu’en 2008, 37 896 haïtiens et haïtiennes ont été victimes de trafic sur plusieurs points de la frontière haitiano-dominicaine.

Malgré les plaidoyers sur la question et quelques avancées, notamment la création d’une commission interministérielle sur la traite et le trafic, il n’existe encore aucune législation qui permette au moins un recours pour les victimes en Haïti.

Les groupes vulnérables tels les femmes et les enfants, sont souvent victimes de violences sexuelles et forcés de se soumettre à des activités liées à la traite.

3151 enfants et 8650 femmes ont ainsi été livrés à des trafiquants en 2008 à la frontière. Ces enfants sont souvent passés au portail frontalier au vu et au su des autorités des deux pays, note le rapport du Garr.

Selon l’organisation, les personnes vulnérables à la traite et au trafic sont surtout les enfants de familles pauvres, les femmes pauvres et cheffes de famille, les paysans sans terre et les jeunes des milieux ruraux et urbains incapables d’accéder au marché du travail.

« J’avais deux enfants, leur père était décédé. Je me demandais ce que j’allais faire pour les envoyer à l’école. Tout a coup, un homme m’a proposé de me rendre en République Dominicaine, à la recherche d’un mieux-être. Ainsi, j’ai décidé d’aller là-bas. J’ai vendu pour 3000 gourdes les deux chèvres de mes enfants, et j’ai donné l’argent au passeur », témoigne une victime.

« Au cours du voyage, à Belladère (plateau Central, Nord-Est), 15 autres hommes sont montés a bord. Après avoir franchi la frontière près d’Elias Pina, le passeur nous a demandé de descendre. Il m’a alors déclaré que si je n’acceptais pas de coucher avec lui, je n’arriverais pas à destination. Face à cette situation j’ai dû céder. Son forfait terminé, un autre arriva et me viola. Plusieurs autres hommes ont fait de même. Lorsque j’ai commencé à me plaindre disant que je ne pouvais plus, l’un deux m’a battue et a déchiré mes vêtements ».

La frontière Nord représente la zone privilégiée pour ces actes de trafic ou de traite. Le rapport chiffre à 21 313 le nombre de personnes victimes de trafic dans cette zone, à la différence des régions ouest, sud et centre ou on ne compte en tout « que » 16 000 cas environ.

Les voyages clandestins maritimes sont plus fréquents en début d’année, soit autour des mois de janvier, février et avril.

A côté des périls de la frontière terrestre, il y a ceux de la mer. 106 personnes ont péri au cours de ces voyages hasardeux entre 2007 et 2009, selon l’Onm.

Pire, les femmes qui refusent de se plier au viol, imposé par le capitaine du bateau, comme les malades, sont jetés à l’appétit des requins sans plus de formalité.

« Ces voyages sont considérés par les migrants-es comme la seule opportunité de fuir la misère et d’améliorer leur condition de vie. Les trafiquants profitent de cette vulnérabilité pour encourager les populations à voyager dans des conditions déplorables et sans espoir d’arriver à destination puisque les gardes-côtes américains et caribéens sont de plus en plus présents dans les eaux de la Caraïbe », lit-on dans le rapport du Garr.

La situation nationale est en effet hautement favorable à ces voyages clandestins.
« 2008 représente pour Haïti une année de grandes épreuves et cela, à tous les niveaux : politique, économique, social, humanitaire et environnemental ».

C’est l’année de l’éclatement des émeutes dites de la faim (avril 2008), suivi du passage meurtrier de quatre ouragans, ceci dans un contexte de vide gouvernemental. [kft mm apr 14/09/2009 10:00]

jeudi 9 juillet 2009

Presse Haïtienne

Haïti-Rép. Dominicaine : Contre l’exclusion des descendants de sans papiers de la nationalité dominicaine
Par Wooldy Edson Louidor

De plus en plus d’organisations de droits humains en République Dominicaine contestent la décision prise par l’Assemblée nationale du pays voisin, dans la soirée du 29 mai 2009, d’exclure les descendants de sans papiers (dont des Haïtiens) de la nationalité dominicaine en donnant un vote favorable à l’article 16 du Projet de Réforme Constitutionnelle soumis en septembre 2008 au Parlement par l’administration de Leonel Fernández Reyna.

L’alinéa c de cet article, qui a généré beaucoup de débats dans le pays voisin, stipule : « Sont dominicaines et dominicains ceux qui sont nés sur le territoire national, à l’exception de ceux qui sont fils d’étrangers membres de légations diplomatiques et consulaires ou d’étrangers qui se trouvent en transit ou qui résident illégalement sur le territoire dominicain. »
Lourdes conséquences

La Fondation Institutionnalité et Justice (Finjus) et la Participation Citoyenne (PC) ont dénoncé les conséquences néfastes qu’entraînerait une telle décision de l’Assemblée nationale dominicaine. Cette délibération parlementaire consacrerait l’exclusion à tous les niveaux des migrants sans papiers et de leurs descendants, ainsi que les violations et les abus de tous types contre cette minorité, ont-elles soutenu.

Elles préviennent que cette décision pourrait affecter l’image du pays au niveau international, voire le rendre passible d’une poursuite en justice pour violation des accords internationaux signés en matière de droits humains. Des organisations de défense des droits humains des migrants, telles que le Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants (SJRM), le Mouvement des Femmes Dominico-Haïtiennes (MUDHA) et d’autres organisations membres du Réseau Jacques Viau, avaient déjà élevé la voix contre l’article 16 du Projet de Réforme Constitutionnelle.
Solidarité du Centre Robert F. Kennedy pour la Justice et les Droits Humains

Kerry Kennedy, la fondatrice du Centre de Justice et de Droits Humains Robert F. Kennedy, a visité, fin juin 2009, la République Dominicaine, à la tête d’une importante délégation.
Inscrite dans un cadre de solidarité avec l’activiste dominico-haïtienne de droits humains Sonia Pierre, récipiendaire en 2006 du prix Robert Kennedy, cette visite de Kerry Kennedy est venue donner un nouvel élan à ce mouvement de contestation contre la décision du Parlement dominicain.

La délégation du Centre de Justice et de Droits Humains Robert F. Kennedy s’était donnée pour mission d’« investiguer sur la manière dont les lois et les politiques internes (de la République Dominicaine) privent les Dominicains d’origine haïtienne de documents d’identité et rendent vulnérable leur droit à la nationalité, en violation des principes internationaux de droits humains ». Durant sa visite, Kerry Kennedy en compagnie des autres délégués s’est rendue dans les bateyes et a écouté des Dominicains d’origine haïtienne. Elle s’est entretenue avec les autorités dominicaines, dont le vice-président Rafael Alburqueque, le président de la Junte Centrale Electorale (JCE) et Julio César Castaños Guzmán.

Le ministre du Travail Max Puig, le ministre de l’Intérieur Franklin Almeyda, le directeur de la Direction dominicaine de la migration et le major général Sanz Jiminian, figuraient aussi parmi les hauts dirigeants dominicains rencontrés par la fille de l’ex- candidat à la présidence américaine, Robert F. Kennedy, assassiné en 1968. Lors d’une conférence de presse le 30 juin à Santo Domingo, elle a fait part de plusieurs cas, qualifiés par elle d’« absurdes ». Par exemple, elle a mentionné le cas d’un bracero (coupeur de canne) qui était venu en République Dominicaine, dès son plus jeune âge, comme un employé de l’État dominicain. Cependant, à la fin de sa vie, après avoir sué sang et eau dans les champs de canne, celui-ci n’a pas accès à la sécurité sociale parce que ses documents ont été saisis par les autorités dominicaines, s’est indignée Kerry Kennedy. Elle a aussi fait état de nombreux Dominicains et Dominicaines qui, en dépit du fait d’avoir vécu toute leur vie en République Dominicaine, se lèvent chaque jour avec la peur d’être déportés vers Haïti, un pays où ils n’ont aucune attache. Elle a exposé les cas de petits-fils et petites-filles de migrants haïtiens qui ont beaucoup travaillé à l’école, mais ne peuvent poursuivre leurs études universitaires faute de documents d’identité, quoique que ces écoliers et leurs parents soient nés et aient grandi dans ce pays, a-t-elle précisé.
Elle a présenté le cas d’une jeune mère contrainte par un officier d’état civil à nier la paternité [au père] de son bébé pour que l’enfant ait accès à la nationalité dominicaine. « Mais la vraie cause de leur misère, a-t-elle soutenu, consiste en l’incapacité du gouvernement dominicain à reconnaitre effectivement leurs droits en tant que Dominicains, en leur niant l’accès à des services de base et à la jouissance de leurs droits, y inclus l’accès à la santé, à l’éducation, à la sécurité sociale… ».

Par ailleurs, elle a invité les autorités dominicaines à travailler de concert avec Sonia Pierre et avec les autres défenseurs de droits humains dans le pays voisin pour trouver des solutions aux multiples violations de droits humains des Dominicains d’origine haïtienne.
« le statut migratoire d’une personne ne se transmet pas à ses enfants »

Le Centre Robert F. Kennedy pour la Justice et les Droits Humains, Refugees International et le Centre pour la Justice et le Droit International avaient adressé, en date du 14 avril 2009, une lettre aux autorités dominicaines pour manifester leur inquiétude au sujet de l’article 16 de la nouvelle constitution dominicaine en débat au parlement. Dans cette lettre, les 3 organisations basées aux États-Unis d’Amérique ont attiré l’attention des autorités sur deux concepts utilisés dans l’article pour définir la nationalité dominicaine qui seraient en contradiction avec les instruments internationaux de droits humains : « résidence illégale » et « en transit ».

Se basant sur la sentence émise le 28 novembre 2007 par la Cour Interaméricaine des Droits Humains (Cidh) sur le cas des fillettes Yean et Bosico (sentence qui fait jurisprudence en la matière), les organisations ont rappelé aux autorités dominicaines que « le statut migratoire d’une personne ne peut être condition pour l’octroi par l’État de la nationalité, puisque sa qualité migratoire ne peut constituer sous aucune forme une justification pour la priver du droit à la nationalité et de la jouissance et de l’exercice de ses droits ».

« Le statut migratoire d’une personne ne se transmet pas à ses enfants », ont-elles argumenté dans la missive adressée au président de la République Leonel Fernández Reyna, au président du Sénat Reinaldo Pared Pérez, au président de la Chambre des Députés Julio César Valentín et au président de la Junte Centrale Électorale (JCE), Julio César Castaños Guzmán.
Concernant l’expression « en transit », elles ont évoqué l’exigence faite par les instruments internationaux de droits humains à tout État de définir ce concept en « respectant une limite temporelle raisonnable ».

Un État ne peut pas considérer comme en transit « un étranger qui a développé des liens dans cet État », ont soutenu les organisations.

Source: http://www.alterpresse.org/